Autour de la Risle
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Le Trésor de Berthouville

Le trésor est découvert le 21 mars 1830 par Prosper Taurin, agriculteur, en labourant son champ. Le soc de sa charrue fut bloqué par une tuile romaine qui, une fois dégagée, s’est avérée protéger un ensemble de pièces d’argenterie enfoui à 20cm à peine dans le sol.

Compte tenu de l’historique des découvertes archéologiques sur le territoire communal, l’évocation du “ site de Berthouville ” désigne généralement le temple et le théâtre gallo-romains situés au hameau du Villeret à 1 km à l’ouest du village.

La nature du site de Berthouville est l’objet de discussions multiples en grande partie alimentées par l’exceptionnel ensemble d’argenterie antique découvert en 1830. A la lumière des connaissances actuelles et des dernières prospections géophysiques réalisées en 2005, le temple et le théâtre sont probablement les principaux monuments d’un sanctuaire rural dépendant directement de l’agglomération voisine (breviodurum). Cette double organisation, ville dans la vallée et sanctuaire principal sur les rebords du plateau environnant n’est pas exceptionnelle. Le chef lieu de cité des Aulerques-Eburovices, Evreux (Mediolanum-Aulercorum), présente la même structuration avec la ville sanctuaire du Vieil-Evreux (Gisacum). D’autres petits sanctuaires ruraux encadraient l’agglomération de Brionne. Deux d’entre eux ont été partiellement étudiés, en 2003, sur les communes d’Hecmanville et de Bosrobert lors des recherches archéologique préalables à la construction de l’autoroute A. 28.

Après la découverte du trésor en 1830, il est probable que de nombreuses investigations plus ou moins clandestines ont été menées de façon décousue.

Les premières fouilles sont conduites en 1861 et 1862 par Léon Le Métayer Masselin, membre de la Société Française d’archéologie. Elle permettent l’identification du temple dont une premier plan est dressé. Les travaux sont ensuite abandonnés.

A partir 1895, de nouvelles découvertes provoquées par le propriétaire du terrain incitent à la reprise des fouilles, en 1896-97, sous la direction du Père Camille de la Croix. Le temple est à nouveau exploré et le théâtre identifié à quelques dizaines de mètres à l’est du précédent monument.

Le site retombe peu à peu dans l’oubli et les bouleversements de la première moitié du XXème siècle n’encouragent pas la reprise des travaux.

Depuis lors, sauf menace pesant sur les vestiges ou programme de recherche spécifique, la logique est à la préservation des potentiels archéologiques Ceci explique en grande partie l’absence de fouille au cours des dernières décennies.

Des prospections aériennes sont cependant régulièrement effectuées (association Archéo 27) et le site est intégré à plusieurs travaux de synthèses.

En 2005, une prospection géophysique (électrique) a été initiée et financée par le ministère de la Culture sur près de 6 hectares. Ses résultats permettent de localiser précisément les deux monuments et de corriger les plans dressés aux XIXèmes siècles. Des résultats novateurs, complétés par les découvertes mobilières des interventions antérieures permettent de supposer l’existence préalable d’un sanctuaire gaulois.

Une réplique du trésor est exposée au Musée des Beaux Arts de Bernay (15km de Brionne) et l’original est conservé au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque nationale de France.

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